Le Terroir
De la vigne du nord au sud
Le vignoble dans le département du Puy-de-Dôme couvre environ 800 hectares répartis sur 54 communes.
400 hectares appartiennent à des professionnels, dont 350 hectares en AOVDQS et 50 hectares en vins de pays.
5 crus répartis sur un axe d’implantation nord-sud traditionnel.
L’extension des cultures se fait sur environ 70 km et la largeur atteint au maximum 30 km.
Répartition spatiale des crus
L’appellation en compte 5, avec, du nord au sud :
Madargue (le plus septentrional, vers Riom et Châtelguyon, considéré pendant
longtemps comme « le noyau d’élite » du vignoble. (Cf. L. Levadoux).
Châteaugay (A 10km au nord de Clermont-Ferrand, dans une commune de
caractère et avec un vignoble important : 37% de la production),
Chanturgue (le plus petit et le plus insolite, entouré par l’urbanisation galopante
de Clermont-Ferrand)
Corent (à 20km au sud de Clermont, célèbre pour son vin rosé clair et agréable en bouche)
Boudes (Proche d’Issoire, c’est le cru le plus méridional, avec un climat plus sec
et des pentes marquées).
L’héritage des volcans
Les vins du Puy-de-Dôme jouissent de sols de qualité liés aux anciennes activités volcaniques
de la Chaîne des Puys. A l’est de la chaîne, les retombées et impacts sur le territoire ont contribué
à une véritable mosaïque de formations différenciées, ce qui dote le vignoble auvergnat d’une
typicité géologique remarquable.
Formations volcaniques et fertilité de la Limagne
Les coulées basaltiques qui descendent de la Chaîne des Puys forgent la typicité des paysages et
apportent le caractère bien défini des vins issus de ces terres volcaniques. L’émergence de puys et
buttes sur l’intérieur des terres, avec des niches de pépérites et également la présence de roches
spécifiques (arkoze, pouzzolane) forgent la spécificité de certaines cuvées.
Au centre, la Limagne constitue un fossé tectonique où alternent, d'ouest en est, coteaux
calcaires et volcaniques et laplaine (sable, marne). C’est la région la plus riche du pays
avec un dépôt d’alluvions anciennes etde « terres noires ». Ce socle au final largement
argilo-calcaire bénéficie cependant de couchesdifférenciées de roches liées aux anciennes
activités géologiques.
Diversité géologique des crus
Les 5 crus du département ont pour caractéristique une implantation sur des coteaux de
reliefs inversés. Ces derniers doivent leur spécificité aux coulées basaltiques qui ont protégées
le socle argilo-calcaire originel. Le socle sédimentaire alentour qui n’a pas été recouvert par le
basalte a été creusé par l’érosion et se retrouve aujourd’hui sur les pentes de la coulée.
(cf. schéma ci-dessous). Ces reliefs inversés sont plus marqués à Chanturgue, Châteaugay
et Boudes avec des pentes aux sols argilo-marneux et calcaires. Madargue se distingue de
part sol plus siliceux. Enfin, les dépôts sédimentaires argilo-calcaires mais aussi marneux
et sableux qui constituent la richesse essentielle de la Grande Limagne sont plus constitutifs d
es sols de Corent et de Boudes. Corent possède une plus grande variété de roches
(pépérites, pouzzolane) en raison de son implantation géologique (le cru est situé sur un Puy).
Des conditions climatiques idéales
Les précipitions sontlimitées par la chaîne des Puys. Celle-ci filtre les vents océaniques et
l’humidité. Le vent dominant venu de l’océan est entraîné au-dessus des Puys et redescend
de l'autre côté après l'assèchement de son contenu en vapeur d'eau (effet de Foehn). La
pluviométrie dans les espaces viticoles est de type méridional avec un maximum de 550 mm
d’eau par an, un cumul faible mais favorable à l’implantation de la vigne, peu gourmande en eau.
Les températures sont élevées l’été avec des nuits qui restent fraiches, ce qui favorisent une
bonne maturation de la vigne.
Le cumul annuel moyen d’ensoleillement s’approche des 1900h/an (à titre de comparaison,
proche de celui de Bordeaux). Le sud du département se différencie, avec Boudes et les
environs où les vins jouissent d’un climat encore plus sec et plus ensoleillé.
Paysages viticoles :
La vigne dans le département évoque une histoire, une architecture mais surtout
des paysages qui caractérisent cette culture. La reconstruction identitaire du vignoble
s’appuie d’ailleurs sur des paysages viticoles dits de qualité.
Boudes
Cette commune qui couvre plus d’une quarantaine d’hectares de vignes a conservé quelques vignes en terrasse et échalas, avec des anciens murets de pierre qui soutiennent la culture. La place de ces terrasses dans le facteur paysage est devenue un élément identitaire du vignoble. Par ailleurs, les vignes sur de fortes pentes complètent un paysage riche tant au point de vue de la culture que de sa complexité géologique.
Corent
Le cru de Corent est répartie sur 4 communes et doit sa particularité à sa
situation géographique : des vignes en coteaux sur l’un des derniers puys
actifs d’Auvergne et deux expositions opposées (sud et nord). Les meilleures
vignes sont situées en exposition nord, nord-est. Corent est le seul cru
consacré quasi exclusivement à la production de vin rosé. Enfin, précisions
que le Puy actuellement fait l’objet de fouilles, suite à la découverte d’un
important oppidum au centre du plateau. En savoir plus
Chanturgue
Cru historiquement reconnu, Chanturgue est passé de plus de 120 hectares à
la fin du XIXème siècle aux 6 qu’on lui connaît aujourd’hui. Les paysages sont
caractérisés par la forte proximité urbaine, les lotissements venant coloniser
les premiers reliefs. Toutefois cette proximité ne nuit pas à la qualité des vins.
Cet ilot de vigne rappelle toute l’histoire d’un lieu et d’une activité qui ont influé
et été influés par les évolutions de la métropole auvergnate.
Châteaugay
Aux portes de l’agglomération, la commune de Châteaugay, en place d’un ancien oppidum et place fortifiée, est distinctive de par sa grande tour seigneuriale et ses beaux coteaux de vignes, en surface les plus importants du territoire. Le cru, présent sur la commune et ses environs, se fond dans cet ensemble de caractère, entre un ancien bourg qui a su conserver son charme et ses vignes, et la périurbanisation récente qui a su s’intégrer dans l’élément paysager.
Madargue
Ces paysages les plus septentrionaux des Côtes d’Auvergne se traduisent
par un mince filet de vigne étendu sur deux buttes aux sommets buissonneux
(similitude paysagère avec la garrigue). Il y subsiste un patrimoine viticole
ancien notamment les tonnes, des cabanes de vignerons sises au cœur des
coteaux. Cet ilot réputé serait l’un des plus anciens lieux d’implantation de
la vigne en Auvergne.