Les Vins

Les cépages

 Les Cépages rouges (gamay et pinot) couvrent près de 90 % de la surface des vignes plantées dans le département. 

 

Le Gamay

Le Pinot noir

Le Chardonnay

Les autres cépages du vignoble

Le conservatoire de la vigne 

 

 

Le gamay

 

 

   Son nom dérive de Gamet, un lieu-dit proche de Puligny-Montrachet ; il serait arrivé dans la région au milieu du XVIIIe siècle. Résistant et productif, il s’y est suffisamment bien adapté pour muer en un “gamay d’Auvergne” à la grappe ailée, ses deux oreillons supérieurs lui donnant une forme caractéristique; ce dernier est encore bien présent dans les vignes les plus anciennes. Sa grappe est moins serrée mais plus petite, légère et précoce que celle du gamay dit beaujolais, qu’on trouve surtout dans les plantations réalisées depuis les années 1980.

 

 

   Pressé, le gamay procure un jus clair : c’est un cépage noir à jus blanc, c’est-à-dire incolore. Il se plaît particulièrement sur les terroirs volcaniques, ce qui en fait bien sûr “le” cépage auvergnat ; il en retire des parfums épicés, voire grillés. Le gamay, c’est d’abord le goût franc du fruit, promesse de vins fins et bouquetés quand il pousse ses racines en terroir granitique ou basaltique – sommet du genre : les pépérites du terroir de Châteaugay. Sur un sol argilo-calcaire, ces rouges sont plus rustiques, mais séduisent par leur typicité. Le goût des tanins du gamay tire sur le végétal, le rêche, et c’est pourquoi les vinificateurs évitent souvent des cuvaisons trop longues qui pourraient le souligner exagérément. Le gamay constitue près de 70 % du vignoble auvergnat.

 

 le gamay

  Pour visualiser les dessins illustrant les cépages, passez la souris sur la photo.

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Le pinot noir

   

 

    Son nom lui viendrait de sa forme allongée en “pigne”, la pomme de pin. Il s’est installé en Auvergne dès le début du XVIe siècle sous les noms de “pineau”, de “nérou”, d’“auvernat”… La peau de ses petits grains serrés en grappe compacte est d’un noir soutenu, tirant sur le violet, et son jus abondant est blanc. Les sols calcaires ou argilo-calcaires lui conviennent parfaitement, davantage que les volcaniques.

 

   Sa nature est plus complexe que le gamay, et certains n’hésitent pas devant la métaphore monarchique pour les comparer : « Quand le prince s’efface, le roi apparaît », et c’est le pinot qui porte la couronne. Riche en éléments précurseurs d’arômes plus élaborés, le pinot noir possède des tanins épais, denses, mais cependant plus souples que ceux du gamay. Cela lui confère de la longueur en bouche et des capacités de vieillissement plus importantes, qui font la gloire des grands vins rouges de Bourgogne. Les vinificateurs auvergnats jouent évidemment beaucoup de sa présence dans leurs assemblages pour élaborer des nectars de plus longue garde. La réglementation de l’AOC limite cette présence à un maximum de 50 %, mais nombreux sont ceux qui cèdent à la délicieuse tentation de cuvées 100 % pinot, alors classées en Indication géographique protégée (IGP). Il occupe environ 20 % des surfaces plantées dans l’appellation. 

 

 

le pinot 

 

 

 

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Le chardonnay

 

 

   Ses grappes dorées ont la taille de celles du pinot, mais elles sont moins serrées et plus allongées. Ses petits grains donnent un jus blanc bien sucré, et il possède une très bonne capacité de vieillissement. Parmi les quelque 10 000 cépages répertoriés dans le monde, il est à la fois un des plus répandus et des plus fameux puisqu’il est celui des vins blancs des côtes bourguignonnes de Beaune et de Nuits, et un de ceux des vins de Champagne. Il trouve son sol de prédilection dans le calcaire, et la finesse particulière de certains terroirs argilo-calcaires du Puy-de-Dôme aboutit à de très heureuses surprises en termes de goût mais aussi de garde. Il représente près de 10 % du vignoble de l’AOC. 

 

le chardonnay 

 

 

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Les autres cépages présents dans la région

 

 

   Depuis Vitis vinifera, l’espèce “originelle” de la vigne en Europe et dans le monde, la “mère de toutes les vignes” sans doute introduite par les Romains, bien d’autres cépages ont fleuri dans le vignoble auvergnat, dans les siècles passés et encore aujourd’hui. La relative omniprésence du gamay à partir du XVIIIe siècle les a parfois poussés dans l’oubli, mais outre le pinot, le vignoble auvergnat a connu le pinatel, le charpiney, le lyonnais, le teinturier, les damas blanc et noir, le rousselet, le chanis, l’anis blanc, l’épinou, le noir fleurien, le portugais bleu, le canari, la petite syrah, la mondeuse, le limberger…

 

 

   Aujourd’hui, s’ils souhaitent parfois travailler le pinot noir au delà de la limite qu’impose l’AOC – au plus 50 % d’un assemblage – les vignerons peuvent utiliser le label IGP du Puy de Dôme. Sous cette appellation ou en vins de France (autrement dit vins de table), certains vignerons créent des cuvées à partir de cépages anciens réimplantés, ou même nouveaux dans la région. Ainsi la petite syrah, cépage rouge réputé d’origine auvergnate , et en cépages blancs le sauvignon (très présent dans le Bordelais et le Val de Loire), le viognier (d’origine rhône-alpine) ainsi que le gewürztraminer (alsacien) ont pris place dans le paysage des professionnels auvergnats, où ils témoignent du goût permanent de la recherche qui anime les passionnés du vignoble.

 

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Le Conservatoire des cépages d’Auvergne

 

 

    Dans la longue marche vers l’AOC, les vignerons ont éprouvé dans les années 1990 le besoin de dresser un catalogue exhaustif des différentes variétés du cépage gamay existant dans la région. Catalogue qui a pris racine à Authezat, sur une parcelle appartenant au vigneron indépendant Noël Bressoulaly, après une quinzaine d’années de recherches et de recensement à travers tout le vignoble, ainsi que de travaux d’analyse pour évaluer et suivre l’état sanitaire des plants repérés puis greffés. Ce travail extrêmement minutieux a également permis d’ajouter à ce “coffre-fort à gènes” d’autres cépages anciens, tous rouges, soit une quinzaine au total, qui figurent dans la liste citée plus haut. Par convention avec le maître des lieux, l’association des viticulteurs indépendants amateurs VIA 63 a repris récemment le flambeau de cette plantation particulière, la seule d’Auvergne qui n’est pas destinée à la vendange…

 

 vigne conservatoire

 

  © Textes de Denis Couderc

  © Illustrations de Marie Deschamps

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